Les cybermenaces à surveiller absolument en 2025

Un paysage numérique sous haute tension

L’année 2025 s’ouvre sur un contexte cybersécurité particulièrement préoccupant. Les experts en sécurité informatique du monde entier, et notamment les équipes françaises de l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information), tirent la sonnette d’alarme : les cybermenaces n’ont jamais été aussi sophistiquées, aussi ciblées, et surtout aussi accessibles aux acteurs malveillants. Si les grandes entreprises et les administrations publiques restent des cibles privilégiées, les particuliers et les PME sont désormais dans le viseur. Comprendre les menaces qui se profilent à l’horizon 2025, c’est déjà se donner les moyens de mieux s’en protéger.

L’IA au service des attaquants : le deepfake et le phishing nouvelle génération

Si l’intelligence artificielle fait l’objet de toutes les attentions pour ses applications bénéfiques, elle représente également un formidable amplificateur pour les cybercriminels. En 2025, les attaques de phishing — ces tentatives d’hameçonnage par e-mail ou SMS — atteignent un niveau de sophistication inédit grâce aux grands modèles de langage (LLM). Fini les messages truffés de fautes d’orthographe qui trahissaient immédiatement leur origine frauduleuse : les e-mails malveillants sont désormais rédigés dans un français parfait, personnalisés avec des données issues des réseaux sociaux, et quasi indiscernables d’une communication légitime.

Mais la menace la plus spectaculaire reste sans conteste celle des deepfakes. Ces contenus audio et vidéo générés par IA permettent de simuler la voix ou le visage d’un dirigeant d’entreprise, d’un responsable bancaire, voire d’un proche. Des arnaques au « faux président » — déjà bien connues en France — se dotent ainsi d’une dimension visuelle et sonore troublante de réalisme. En 2024, plusieurs entreprises françaises ont subi des pertes financières significatives suite à des appels vidéo falsifiés. En 2025, cette tendance devrait malheureusement s’amplifier encore.

Les ransomwares : toujours plus ciblés, toujours plus dévastateurs

Les rançongiciels (ransomwares) restent la menace numéro un pour les organisations françaises. Ces logiciels malveillants chiffrent les données d’une entreprise ou d’une administration, puis réclament une rançon en échange de la clé de déchiffrement. Si le phénomène n’est pas nouveau, son évolution en 2025 mérite une attention particulière. Les groupes cybercriminels, souvent structurés comme de véritables entreprises avec leurs départements R&D et leur service client, affinent leurs méthodes de ciblage.

On observe notamment une montée en puissance de la double extorsion : non seulement les données sont chiffrées et rendues inutilisables, mais elles sont également exfiltrées et menacées d’être publiées publiquement si la rançon n’est pas versée. Les hôpitaux, les collectivités territoriales et les PME sous-traitantes de grands groupes industriels sont particulièrement exposés. L’ANSSI rappelle régulièrement que payer la rançon ne garantit nullement la récupération des données, et encourage vivement les organisations à renforcer leur politique de sauvegarde et de segmentation réseau.

Les infrastructures critiques dans le collimateur

En 2025, la frontière entre cybercriminalité et cyberguerre devient de plus en plus floue. Les infrastructures dites « critiques » — réseaux électriques, systèmes de distribution d’eau, transports, télécommunications — font l’objet d’une attention croissante de la part d’acteurs étatiques ou para-étatiques. La France, en tant que membre de l’OTAN et puissance économique majeure, est une cible de choix dans ce contexte géopolitique tendu.

Les attaques contre les systèmes industriels (appelés OT pour Operational Technology) présentent une complexité particulière : ces équipements, souvent anciens, n’ont pas été conçus avec la cybersécurité en tête, et leur mise à jour est techniquement délicate voire impossible sans interruption de service. La directive européenne NIS2, dont la transposition en droit français est en cours, vise précisément à renforcer les obligations de cybersécurité pour les opérateurs d’importance vitale. Son application effective sera l’un des grands chantiers cybersécurité de cette année.

L’explosion des menaces sur les appareils mobiles et l’IoT

Nos smartphones sont devenus de véritables coffres-forts numériques : coordonnées bancaires, données de santé, communications personnelles et professionnelles… Autant d’informations qui aiguisent les appétits des cybercriminels. En 2025, les logiciels espions (spywares) pour mobile gagnent en sophistication, tandis que les failles zero-day — ces vulnérabilités inconnues des éditeurs et donc non corrigées — sur iOS et Android se monnaient à prix d’or sur les marchés clandestins.

Parallèlement, l’Internet des Objets (IoT) représente une surface d’attaque considérable et souvent négligée. Caméras de surveillance connectées, thermostats intelligents, équipements médicaux en réseau : autant de points d’entrée potentiels dans un système d’information. En France, où le marché de la maison connectée connaît une croissance soutenue, la sensibilisation des utilisateurs à la sécurisation de ces appareils reste insuffisante. Changer le mot de passe par défaut de sa box ou de sa caméra IP n’est pas un détail anodin : c’est souvent la première ligne de défense contre une intrusion.

Comment se préparer : les bonnes pratiques à adopter dès maintenant

Face à ce tableau préoccupant, il serait tentant de céder au fatalisme. Pourtant, une grande majorité des cyberattaques réussies exploite des vulnérabilités connues et des comportements à risque qui pourraient être évités avec quelques précautions de base. Pour les particuliers, l’adoption d’un gestionnaire de mots de passe, l’activation de la double authentification sur tous les comptes sensibles, et la mise à jour régulière de ses appareils constituent un socle de protection efficace.

Pour les entreprises et les administrations, l’ANSSI met à disposition un ensemble de guides et de référentiels gratuits, accessibles sur son site officiel. La réalisation d’audits de sécurité réguliers, la formation des collaborateurs aux risques cyber, et la mise en place d’un plan de reprise d’activité (PRA) en cas d’incident sont des investissements indispensables. En 2025, la cybersécurité n’est plus une option réservée aux grandes structures : c’est une nécessité absolue pour quiconque utilise le numérique, c’est-à-dire, aujourd’hui, à peu près tout le monde.